Dans son discours intitulé : « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous », le cardinal Parolin, secrétaire d’État du Vatican, s’est adressé à l’Assemblée générale des Nations unies à l’occasion du débat général de sa 81e session. Passant en revue la situation internationale, le Cardinal a évoqué plusieurs pays d’Afrique. Voici ses propos :
« Le Saint-Siège renouvelle son appel sincère en faveur d’une fin immédiate du conflit au Soudan, une terre qui est depuis trop longtemps ravagée par une violence aveugle touchant les plus vulnérables, à commencer par les enfants et les femmes. Face à une catastrophe humanitaire sans précédent, toutes les parties sont exhortées à engager sans délai un dialogue sincère et constructif, avec le soutien de la communauté internationale, afin de faciliter l’aide à la population et d’assurer la stabilité et la paix. Le Saint-Siège en appelle à toutes les personnalités politiques sud-soudanaises de premier plan pour qu’elles fassent passer le bien-être de la nation avant tout intérêt partisan. Chacun, en fonction de ses propres responsabilités, est appelé à promouvoir des actions et des discours qui contribuent à la réconciliation, à la paix et à l’harmonie entre tous les Sud-Soudanais.
Le Saint-Siège suit avec une profonde inquiétude la crise humanitaire qui sévit actuellement dans certaines régions de Somalie, où les flambées de violence et les phénomènes météorologiques extrêmes aggravent les conditions de vie déjà précaires de la population. Le Saint-Siège exhorte la communauté internationale à s’engager généreusement à répondre aux besoins immédiats des personnes les plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants.
La situation en République démocratique du Congo préoccupe le Saint-Siège, en particulier la crise prolongée dans l’est du pays et l’épidémie d’Ebola. Tout en exprimant son soutien total aux processus de paix dans le pays, le Saint-Siège encourage le dialogue national, et appelle à la protection urgente des professionnels de santé et des travailleurs humanitaires, à un accès sans entrave à l’aide, ainsi qu’au renforcement de la coopération régionale afin de relever ces défis de manière intégrée. Une importance particulière doit être accordée à la réconciliation entre les communautés, car elle constitue une condition indispensable à une paix véritablement durable. En outre, le Saint-Siège est préoccupé par les attaques terroristes, notamment dans le Nord-Kivu et en Ituri, qui visent de manière répétée la population civile, y compris les communautés chrétiennes, et se traduisent par des meurtres, des enlèvements et la destruction de villages et d’édifices religieux.
Le Saint-Siège note avec inquiétude l’avancée des groupes djihadistes depuis le Sahel vers les pays côtiers du golfe de Guinée. La réponse ne peut être exclusivement militaire : elle doit inclure la prévention de la radicalisation, le développement des zones frontalières, l’éducation des jeunes, la cohésion sociale et le dialogue interreligieux, en valorisant pleinement le rôle des communautés religieuses dans la prévention de l’extrémisme.
La province de Cabo Delgado, au Mozambique, reste déstabilisée après près de neuf ans de conflit armé. Tout en appelant à la fin du conflit, le Saint-Siège reste préoccupé par les épisodes sporadiques de violence qui empêchent les personnes déplacées à l’intérieur du pays de retourner dans leurs lieux d’origine et les contraignent à continuer de vivre dans une situation de souffrance et d’insécurité alimentaire, sans perspective d’un avenir meilleur ».
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