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Cinq points pour évoquer quelques aspects de la situation actuelle du Mali

2 Juin, 2026

« Il est très difficile de résumer en quelques phrases la situation très complexe du Mali. Acceptez que je retienne cinq petits points pour évoquer quelques aspects de cette situation :

1. L’insécurité, ou le sentiment d’insécurité, frappe les populations de toutes les régions du Mali. Des écoles sont fermées car les terroristes et/ou djihadistes menacent de venir s’attaquer aux enfants qui vont à l’école. Face à cette menace, les autorités locales demandent parfois la fermeture des écoles. Les paysans sont souvent menacés, obligés parfois de payer de l’argent ou de donner des bêtes et même des céréales pour ne pas subir la violence des terroristes. Du coup, les forces de l’ordre maliennes les accusent parfois de complicité avec les terroristes.

2. Qu’en est-il des élèves ? Les parents se débrouillent comme ils peuvent dans certaines régions. Certains réussissent à mettre leurs enfants dans des écoles qui restent malgré tout ouvertes, avec des enseignants ; cela est plus facile dans les grandes villes où les terroristes ont du mal à imposer leurs lois. Cette situation s’est aggravée depuis que le gouvernement malien ne veut plus payer la subvention de 80% du salaire des enseignants des écoles privées catholiques. Les enseignants de l’école privée catholique ont été licenciés et certains repris avec de nouveaux contrats ; ceux qui sont au chômage sont nombreux.

3. La question du carburant. Depuis septembre 2025, les terroristes se sont organisés pour empêcher l’arrivée régulière du carburant dans les villes et dans différentes parties du pays. Certes, le gouvernement malien fait beaucoup d’efforts afin que le carburant venant notamment d’Abidjan, de Dakar ou de Conakry, arrive à destination, en particulier en mettant en place des convois, avec des militaires, pour sécuriser le transport du carburant. Mais régulièrement des convois sont attaqués, des transporteurs perdent la vie et des citernes de carburant sont brûlées. Le pays a été très affecté par la pénurie de carburant et le gouvernement a même dû demander, en 2025, la fermeture des écoles pendant 15 jours, car les parents avaient du mal à conduire leurs enfants dans les écoles, à cause du manque de carburant. Dans certaines villes, des populations ont été privées d’électricité et parfois d’eau, à cause de ce manque, et pendant plusieurs semaines. Le problème demeure sans réelle solution. De plus, avec la chaleur, sans électricité, point de climatisation ou de ventilateurs que certaines personnes pourraient faire marcher. Le manque d’eau, lié à l’insuffisance d’électricité, est un véritable problème dans certaines villes.

4. Les déplacements. Les déplacements sont devenus difficiles dans le pays à cause de l’insécurité et des difficultés d’approvisionnement en carburant. Certains cars et autres moyens de transport sont attaqués sur la route, parfois incendiés ; souvent après avoir pillé les passagers et les avoir fait descendre des cars, les terroristes mettent le feu aux véhicules. Dans les régions où les terroristes essaient d’imposer leurs lois, les femmes doivent se voiler ; femmes et hommes doivent être séparés dans les cars de transport, etc.

5. La situation politique. Il est difficile de dire quelque chose de précis sur la situation politique du pays. Même les amis ne communiquent pas beaucoup sur ce sujet d’autant plus que les problèmes d’insécurité et les attaques de convois de citernes de carburant dans le pays peuvent être interprétés de différentes manières. Les terroristes veulent-ils que les populations se révoltent contre les dirigeants du pays ou souhaitent-ils prendre le pouvoir ? Les autorités ne communiquent pas beaucoup sur les attaques et les pertes de militaires et de civils. Même sur les attaques des 25 et 26 avril derniers, très peu d’informations sont données. Je sais par diverses personnes en bonnes relations avec des habitants de Kati, dont certains qui habitent non loin du domicile du ministre de la Défense qui a été tué, que les combats ont été rudes, avec des morts et de nombreux blessés. Le lien fort entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, comme le lien de ces pays avec la Russie sont aussi interprétés différemment. Selon certaines personnes, les médias européens exagèrent et dramatisent la situation. Il en va de même pour les interprétations des relations de ces pays avec la CEDEAO ou plus simplement les autres pays de l’Afrique de l’Ouest.

Merci pour vos prières pour le Mali, pour les Maliens, merci pour vos diverses formes de soutien et d’aide à l’Église qui est au Mali. Merci pour vos prières pour l’Afrique, pour les Africains, pour l’Église qui est en Afrique. Merci ».

Paris, le 18 mai 2026

Pierre DIARRA, théologien.

 

Photo : © Wikipédia

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